Déclaration de cadidature du 15/10/2005 (www.deboutlarepublique.com)
Mes Chers Compagnons,
Les Français n’ont plus confiance dans la politique. 76% d’entre eux l’ont encore affirmé dans un récent sondage…
Peut-on leur donner complètement tort, quand la vie politique de notre pays se résume depuis 25 ans à la petite phrase de Henri Queuille, célèbre crocodile de la IVème République : « la politique ne consiste pas à résoudre les problèmes mais à faire taire ceux qui les posent ».
Mais, vous qui avez quitté votre région bien tôt ce matin pour nous rejoindre, vous savez bien qu’il existe une autre façon de faire de la politique : celle qui consiste justement à poser les problèmes pour les résoudre et à parler haut et fort quand les circonstances l’exigent.
En un mot, la politique comme engagement au service de son pays. Au service de cette « certaine idée de la France », que nous a léguée le Général de Gaulle et qui nous rassemble tous ici.
Il est vrai qu’affirmer ses convictions, faire preuve d’indépendance d’esprit, refuser toute allégeance à un clan ou à un réseau, proposer des solutions qui s’écartent de la pensée unique, ne constituent pas, dans la France d’aujourd’hui, la voie la plus facile et la plus confortable. Vous tous ici, en savez quelque chose !
Est-ce une raison pour se taire, pour fléchir, pour abandonner le combat des idées ?
Non. Tout au contraire, les Français sont orphelins de vrais débats, d’un discours clair, d’une pratique droite, d’un cap à long terme et d’un plan d’action cohérent. Ils en ont assez d’entendre parler de la gauche ou de la droite, des partis ou des clientèles, des intérêts ou des syndicats, des sondages et maintenant des potins... Ils veulent tout simplement qu’on s’occupe d’eux et qu’on leur parle de la France : notre bien le plus précieux, notre patrimoine commun.
La France, justement, parlons en !
- Pouvons-nous nous résigner plus longtemps à la voir s’enfoncer ?
- Le sursaut tant attendu aura-t-il enfin lieu lors de la prochaine élection présidentielle en 2007 ?
- Quel choix allons-nous offrir aux Français ?
A ces trois questions simples mais essentielles je répondrai aujourd’hui sans détour.
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Comment va notre pays tout d’abord ? De quel mal souffre-t-il ?
Sortons de la caricature entre le « tout va bien Madame la Marquise » et les lamentations permanentes.
N’en déplaise aux Cassandre, la France demeure une grande nation, qui affiche plus de performances qu’on ne le dit trop souvent et qui ne manque pas d’atouts.
Une démographie qui la distingue de ses partenaires européens, une productivité agricole et industrielle parmi les meilleures du monde, un rayonnement culturel certain, un système de protection sociale certes en difficulté mais qui continue à faire ses preuves, une qualité de vie enviée de par le monde, une puissance militaire et diplomatique exceptionnelle pour sa taille… la liste de nos forces n’est pas mince.
Et, pourtant, le paradoxe est là : jamais depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, nos concitoyens n’ont autant douté de l’avenir de leur pays ni de la pérennité de leurs valeurs.
J’y vois une explication simple : à force de refuser de gouverner en s’en remettant toujours à d’autres pour résoudre les problèmes à notre place, les difficultés empirent, les Français souffrent, se démoralisent et désespèrent.
Cette dérive n’est, hélas, pas nouvelle. Souvenez-vous en 1981, certains promettaient de raser gratis et assuraient aux Français qu’ils pourraient dormir tranquilles. Et pourtant, au fil des années, les signes avant-coureurs n’ont cessé de s’accumuler et de s’aggraver : endettement endémique, recul de l’investissement productif, baisse des exigences de l’Education nationale, immigration non maîtrisée, chute de la construction de logements. Un véritable relâchement, que la classe politique, faute de courage et de volonté, bref faute de foi dans la France, a laissé s’opérer.
Les Français, quant à eux, ont été de plus en plus nombreux à l’apercevoir, sanctionnant systématiquement et de plus en fort les majorités en place.
Après 25 ans de démission, les dégâts apparaissent dans toute leur étendue ! Chômage de masse, précarité de l’emploi, pouvoir d’achat stagnant, logement introuvable, services publics dégradés, fracture territoriale avec d’un côté la désertification rurale et de l’autre l’engorgement urbain. Désormais, les Français payent très cher la somme de ces erreurs, jusque dans leur vie quotidienne.
Mais au-delà de ce recul indéniable par rapport à d’autres pays comparables, il est un mal plus profond et plus pernicieux qui ronge notre pays et qui explique son enlisement dans les difficultés : le rejet de soi. Un doute inoculé en grande partie par ses élites qui ne cessent depuis des décennies maintenant de rapetisser leur pays, de dénigrer ses habitants et de stigmatiser son modèle républicain.
C’est ainsi que la construction européenne, qui aurait dû être conçue comme un multiplicateur de puissance, est devenue un substitut d’ambition privant un peu plus le pays de son ressort national.
Un peu comme les émigrés de l’Ancien régime, qui avaient fait le choix de combattre les soldats de l’an II dans les rangs des souverains étrangers, certains de nos responsables agissent à Bruxelles comme si la France était finie. Une France qu’ils n’ont d’ailleurs pas osé réformer quand ils en étaient en charge. La démission à l’intérieur, l’abandon à l’extérieur vont de paire, comme les deux faces d’une même médaille. Et oui mes amis ! Ce n’est pas nouveau dans l’histoire de France.
Malheureusement l’Europe qui s’est construite depuis Maastricht n’a plus rien à voir avec la belle idée européenne de départ. Abandon de toute préférence communautaire, interdiction d’investir dans des champions industriels ou de recherche, démantèlement des frontières, moins-disant social et élargissement sans fin. Dans ces conditions, comment l’Europe aurait-elle été capable de prendre le relais d’une France qui s’en remettait naïvement à elle pour résoudre ses propres problèmes ?
Le résultat est là : l’impuissance publique s’est généralisée, discréditant profondément l’action publique et jusqu’à l’idée même d’intérêt général.
Comment s’étonner alors de la montée des extrêmes et de l’abstention ? Comment s’étonner du tremblement de terre du 21 avril 2002, du basculement brutal d’un camp à l’autre de 20 régions en 2004 et du sursaut démocratique du 29 mai dernier ?
Une très large participation, un débat intense qui a exploré tous les enjeux de la construction européenne, l’ensemble des leaders d’opinion pour le OUI et pourtant un score massif pour le NON ! Ce 29 mai historique aurait pu, aurait dû servir d’ultime avertissement.
Or, quatre mois plus tard, la surdité est à son comble.
Le décalage entre le peuple français, fier d’un vote qu’il assume pleinement, et ses élites à la mine déconfite, presque honteuses du suffrage universel, est saisissant. Il s’en trouve même pour regretter ouvertement la tenue d’un référendum. A croire que les dignitaires du régime sont bel et bien nostalgiques du suffrage censitaire.
Au lendemain du 29 mai, nos compatriotes attendaient un grand « Je vous ai compris » capable de répondre à leurs aspirations profondes et de réconcilier dans une vision offensive la France du oui et la France du non. Ils n’ont eu en guise de réponse qu’une lamentation condescendante et culpabilisante.
Et pendant ce temps, en coulisses, les petites soupes continuent à mijoter sur les petits feux.
La Constitution ? Loin de prendre acte de sa mort, les discussions continuent bon train, notamment à l’UMP (lors de la Convention sur l’Europe), autour du meilleur moyen de la faire adopter par morceaux après 2007, une fois que les partis vaincus du Oui auront pris leur revanche sur le peuple français.
La directive Bolkestein ? Elle poursuit son bonhomme de chemin, ignorant mystérieusement les martiales mises en garde du Président de la République.
La Commission européenne ? Les non français et néerlandais ne l’ont pas le moins du monde ébranlée dans ses certitudes. Voilà que pour faire baisser le chômage en Europe, elle vient de proposer une baisse de 4% des salaires nominaux. Oui, vous avez bien entendu ! Après avoir laissé la Banque centrale européenne rogner le pouvoir d’achat par l’euro fort, la dernière trouvaille de Bruxelles consiste tout simplement à aggraver la déflation qui ronge l’euroland. Un peu comme si des pompiers combattaient l’incendie à coup de lance-flammes ! Quand on sait que pendant ce temps les Etats-Unis relancent avec succès leur économie, ne négligeant aucun moyen pour y parvenir, avouez qu’il y a de quoi être songeur !
Et pour couronner le tout, la Turquie fait son entrée en Europe. Le Président de la République s’est-il incliné devant la volonté souveraine des Français dont, faut-il le rappeler, il tire la légitimité de sa fonction ? A-t-il opposé le veto de la France, comme le lui commandait le verdict du suffrage universel ? Pensez-vous ! C’est l’Autriche, et non la France, qui, quelques heures durant, a osé relayer la voix des 70% de Français et des 52% d’Européens opposés à l’ouverture de ces négociations fatales !
Quant aux Ministres UMP hostiles à cette signature, ils se sont tus, tandis que les socialistes et les Verts applaudissaient et que les Français stupéfaits apprenaient à longueur d’interviews que la géographie, l’histoire et la réalité des peuples ne comptaient pas face au coup de sifflet du Président Bush et au chantage du gouvernement turc.
Nos compatriotes auront été ravis d’apprendre aussi qu’il suffit pour un pays non-européen d’avoir en son sein une menace intégriste pour être accueilli les bras ouverts dans l’Union européenne. A quand l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak…
Constitution européenne, directive Bolkestein, politique économique européenne et Turquie : il ne faut pas avoir peur de regarder les choses en face ni de les appeler par leur nom : quatre mois après le 29 mai, la démocratie française n’est plus seulement confisquée, elle est désormais bafouée !
Mais nos dirigeants se rendent-ils seulement compte qu’en bafouant ainsi la volonté souveraine du peuple, ils alimentent sa colère et l’invitent à la manifester dans la rue plutôt que dans les urnes ?
La rue ou les urnes ? Pour nous, il n’y a pas d’autre choix que les urnes. Mais pour que les Français en reprennent le chemin avec confiance, encore faudra-t-il qu’un vrai choix leur soit offert avec la garantie que leur vote soit respecté !
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L’année 2007 sera à cet égard décisive. Sera-t-elle l’occasion d’un sursaut ? Voilà la deuxième question à laquelle je voudrais répondre.
Après l’élan trahi de 1995, l’espoir déçu de 2002, la France ne peut se permettre un nouveau gâchis.
Or, mes amis, si nous ne faisons rien, nous en prendrons malheureusement le chemin.
Nous voyons se profiler une bataille présidentielle caricaturale avec un jeu de rôles, un vulgaire choc d’ego. Comme dans une bande dessinée, on amuse la galerie en mettant en scène des duels qui se veulent spectaculaires mais sont en réalité factices.
Factice le duel entre les deux grands partis dits de gouvernement, tant leurs similitudes crèvent les yeux. La gauche sociale libérale et la droite libérale sociale ne pourront avoir l’une comme l’autre davantage de résultats tant qu’elles ne se remettront pas en cause, tant qu’elles n’analyseront pas les causes de leur échec, tant qu’elles refuseront toutes les deux d’aller à la source des problèmes de la France en lui redonnant la maîtrise de son destin.
Comment contrôler l’immigration sans oser rétablir nos frontières ? Comment retrouver l’expansion économique sans changer le fonctionnement de l’euro, sans investir massivement dans les secteurs d’avenir ni mettre un terme au libre-échange sauvage qui crée fatalement les charrettes de délocalisations ?
Vous ressentez tous le caractère artificiel de ce grand déballage médiatique qui n’a pour objectif que de combler le vide de vraies solutions alternatives.
Bien évidemment, il ne s’agit pas pour moi de me résigner au retour des marchands d’illusion socialistes et de leur éternelle démagogie. Les 35 heures, l’immigration massive, le laxisme en matière de sécurité, les négociations avec les poseurs de bombes corses : NON, Merci. Messieurs Hollande et Lang, Mesdames Aubry, Guigou, Royal nous n’avons vraiment pas envie de vous revoir !
Mais justement, pour éviter le retour de la gauche, il faut aussi de notre côté regarder les choses en face. Car que nous propose-t-on à droite ? Une fois de plus une alternative factice entre la pensée unique et le repli sur soi, entre le discours bien-pensant et les extrêmes. Factice, en effet, le duel à droite entre les candidats modérés et les candidats extrémistes, car ils se répartissent les rôles pour obliger notre électorat à choisir entre la résignation et la révolte, deux voies aussi vaines l’une que l’autre.
D’un côté, la discrimination positive et les communautarismes ; de l’autre, la croisade contre l’islam.
D’un côté l’ouverture à tout va et le moins-disant social ; de l’autre, le repli derrière d’impossibles murailles.
D’un côté la droite mondialiste, de l’autre la droite réactionnaire.
Au delà de l’apparente confusion, tout est déjà bien ficelé. Les candidats de la pensée unique ont couvert leur flanc par des extrémistes repoussoirs.
Nous, héritiers d’une tradition gaulliste à laquelle nous entendons rester fidèles, nous refusons cette impasse tragique.
Et n’ayez aucun complexe, mes amis, nous ne sommes pas les seuls ! Des millions de Français pensent comme nous. Ils l’ont dit fortement lors de la campagne référendaire.
Que l’on ait été pour ou contre la Constitution, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il s’est passé quelque chose de fort dans le pays. En dépit des mots d’ordre, des pressions, de l’unanimité des faiseurs d’opinion, les Français ont redonné vie à leur démocratie. Des millions d’entre eux qui avaient perdu le chemin des urnes l’ont retrouvé. Jeunes, actifs, salariés, les éternels oubliés ont repris la parole.
Ne laissons pas par passivité, conformisme, s’évanouir ce vent de liberté ! Ne laissons pas remettre le couvercle sur la marmite !
NON, mes amis ! Le beau et grand débat que nous avons eu sur l’Europe, menons-le cette fois en 2007, sur la France.
Car, comment pourrait-il y avoir débat si nos idées républicaines et gaullistes ne sont pas portées devant les Français ?
Aujourd’hui vous savez pertinemment que si nous ne nous imposons pas dans la compétition présidentielle, l’unité de la République, le pacte économique et social et la liberté de la France, qui forment un tout, passeront une fois de plus par pertes et profits.
Alors oui, mes amis, allons-nous vivre 20 mois de plus au rythme des petites phrases, des congrès d’éléphants ou des congrès virtuels par Internet, des rivalités de personnes, alors que les Français souffrent et attendent de nous un vrai changement.
- C’est un devoir de leur proposer un autre choix.
- C’est un devoir de leur présenter des solutions nouvelles.
- C’est un devoir d’être candidat à l’élection présidentielle.
C’est pourquoi, je ne me déroberai pas. Oui, je serai votre candidat en 2007. Je le serai, grâce à vous et pour servir « cette certaine idée de la France » qui nous est chère et qui nous rassemble.
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Cette candidature, je la veux libre.
Bien sûr, je partage et continuerai de partager un certain nombre de valeurs avec ma famille politique. Ne comptez pas sur moi pour faire le jeu de nos adversaires. Mais, je n’entends pas être l’expression d’un camp, d’un parti ou d’un clan. J’appelle tout simplement les millions de Français qui désespèrent de la vie politique, car ils aiment leur pays et souhaitent sincèrement le redresser, à venir nous rejoindre.
Pour eux, j’en suis sûr, comme pour nous, la France n’est ni de droite ni de gauche, elle est bien plus que cela et mérite par conséquent le rassemblement de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté.
Cette candidature, je la veux porteuse d’une vision à long terme pour notre pays
Je m’adresse aux jeunes qu’on dit souvent méfiants ou désabusés face à l’action politique. J’aimerais leur dire que ce n’est pas parce que leurs dirigeants ont démissionné qu’ils doivent tomber dans le piège de l’individualisme autodestructeur. Soyez maîtres de votre vie. Devenez acteurs de votre pays.
Destin individuel et destin collectif sont intimement liés. Il n’y a pas de fatalité à subir les évènements.
Dessinons alors ensemble le visage de notre pays dans 20 ans. Non pas le tableau idéal mais celui du possible. Une France où les écoliers d’aujourd’hui, les petits Julien, Sophie, Karim, Emilie ou David seront heureux de vivre, travailler, aimer, fonder une famille. Une France acteur d’un monde plus paisible, plus juste et dans un environnement mieux protégé.
Cela suppose aussi de fixer un cap clair à notre pays. Définir des priorités, croire encore à la France comme Nation capable de mobiliser ses habitants, de porter des valeurs. En un mot, cela suppose d’avoir un vrai projet national.
Enfin, cette candidature je la veux, exigeante
Avide de plaire, la société politique donne le tournis aux citoyens qui voient se succéder promesses, effets d’annonces, slogans de communication.
Ne singeons pas les professionnels du marketing politique. Osons tout simplement décliner notre projet national. Je ne le détaillerai pas aujourd’hui, car j’aurai l’occasion d’y revenir au cours des prochains mois.
Etre exigeant, c’est surtout dire la vérité à nos compatriotes. Notre pays ne se redressera vraiment que s’il se décide enfin à retrouver son unité, son humanité et sa liberté.
Ce sont mes trois exigences pour la France :
La France que je veux dessiner avec vous est tout d’abord une France rassemblée.
La République, c’est l’égalité des citoyens. Egalité devant la loi, égalité des droits, égalité des devoirs. Que vous soyez né dans un village isolé, dans une famille modeste ou au cœur d’une ville, vous devez pouvoir accéder aux mêmes savoirs, aux mêmes fonctions à force de travail, de courage, de mérite. Et tout doit être entrepris pour cela.
Or, depuis des années, notre modèle républicain unique au monde a été grignoté de toutes parts au point que, dans un exercice de cynisme absolu, ceux qui l’ont mis à mal pointent du doigt ses faiblesses bien réelles pour mieux le mettre à mort.
La République forme un tout qu’il nous appartient de revivifier pour redonner aux Français le goût de vivre ensemble.
Il est temps de privilégier enfin ce qui rassemble plutôt que ce qui différencie. Alors oui, je défendrai l’assimilation plutôt que les ghettos, le respect de la loi plutôt que l’excuse permanente, l’école du mérite plutôt que celle du passe droit, l’aménagement du territoire et les services publics réformés plutôt que l’éclatement en féodalités locales.
Oui, mes amis, il est temps de livrer bataille aux communautarismes, à l’hypocrite discrimination positive, à la remise en cause insidieuse de la laïcité.
Parce que la France est née de l’addition successive de populations diverses, elle ne réussira que dans l’unité. Alors, chaque Française, chaque Français se sentira à nouveau partie d’un tout, responsable et fier de la nation toute entière.
Ensuite, la France que je veux dessiner avec vous est une France humaine
Nos compatriotes retrouveront leur unité si notre pays ne devient pas une jungle sociale. Il est beaucoup question du fameux modèle social français. Il va de soi qu’après 20 ans de croissance molle, ce modèle est brinqueballant. Est-ce une raison pour l’achever ?
Non, bien sûr. Il faut, pour le sauver, le rénover et le muscler. Et on ne pourra le faire qu’en y associant tous les Français. N’en déplaise à ceux qui donnent à longueur d’année des leçons de rigueur tout en se goinfrant de stock options !
Bien sûr le monde change et ses structures aussi mais entre l’immobilisme qui nous mène au décrochage et le grand soir anglo-saxon qui nous prépare le moins disant social, je propose une autre voie, celle de l’économie participative.
En développant l’actionnariat salarié à une très grande échelle, nous pourrons à la fois réconcilier les Français et l’entreprise et nous prémunir contre les OPA étrangères.
En remplaçant une partie des charges salariales par une TVA sociale, nous pourrons garantir le financement de notre protection sociale tout en incitant à produire en France.
En vendant une grande part des logements HLM à leurs locataires, nous pourrons stabiliser des quartiers et bâtir de nouveaux logements pour ceux qui en ont le plus besoin.
Autant de solutions de bon sens susceptibles de réconcilier enfin l’économique et le social.
Mais pour que la France retrouve son unité et invente ce nouvel humanisme, il est nécessaire qu’elle reconquière une marge de manœuvre, qu’elle regagne sa liberté.
La France que je veux dessiner avec vous, enfin, est une France libre
Comment notre pays pourrait-il mener de front toutes ces réformes qui s’imposent alors qu’il a accepté au fil du temps de se lier les mains par un ensemble de règles supranationales qui lui interdisent d’agir sans pour autant d’ailleurs aider en quoi que ce soit à construire l’Europe dont nous avons besoin.
L’instant de vérité approche. Les Français l’ont bien compris le 29 mai et nous en sommes tous ici convaincus : sans refondation européenne, il n’y aura pas de redressement de la France. La France doit avoir le courage de retrouver sa liberté. Elle rendra service à tous les peuples européens qui subissent sans réagir. Il est grand temps, car plus nous attendons, plus l’Europe perd du terrain et dépérit.
Rompre dès 2007 les négociations d’adhésion avec la Turquie en leur substituant un partenariat privilégié, mettre en œuvre la préférence communautaire, réformer la Banque centrale européenne (sauf à laisser l’euro exploser en vol), revoir la politique dogmatique de la concurrence pour laisser bâtir les 10 ou 15 programmes Airbus de demain, voilà les urgences.
Il est temps que la France assume ses choix. Elle fera coup double, se redressant tout en servant d’exemple aux peuples d’Europe.
Bâtissons l’Europe des Nations, celle des projets à la carte, l’Europe concrète et utile, à même de rassembler les talents pour relever les défis de la mondialisation.
Car l’enjeu majeur est là. Etre capable d’inventer les produits de demain, être capable d’être à la pointe de la science, en un mot être capable de se projeter dans l’avenir.
Une fois sa marge de manœuvre retrouvée, la France pourra alors redéployer ses ailes et s’adresser au monde.
Quatre défis majeurs sont à relever.
Celui de la paix et de la lutte contre le terrorisme qui nous oblige à maintenir notre atout militaire sans le dissoudre dans l’OTAN.
Celui de la diversité culturelle et linguistique qui est au cœur d’une bataille économique sans précédent.
Celui du système économique et monétaire mondial qui marche sur la tête et qu’il est indispensable de réformer.
Enfin, celui de la protection de la planète, qui doit être au cœur de notre engagement. La course contre la montre est lancée. Pour la première fois dans son histoire, l’Humanité sait combien elle est en danger tout en faisant preuve d’une incroyable et suicidaire inertie.
Les Républicains et les gaullistes qui ont toujours inscrit leur action dans le long terme et avec le souci de l’intérêt général, sont par essence les vrais défenseurs de l’environnement. Là aussi, nous allons surprendre !
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Notre pays est secoué par la mondialisation comme un bateau dans la tempête. L’équipage renâcle à l’effort car le cap n’est pas fixé et les tâches ne sont pas réparties équitablement. Comble de tout, les officiers censés montrer l’exemple, ont déjà un pied dans les canots de sauvetage.
Peut-on sans danger laisser les choses aller ainsi ? NON, la réponse va de soi.
Est-ce que les ambitions des uns ou des autres répondent aux difficultés du pays comme aux attentes des Français ? NON, à l’évidence.
Après tant d’occasions manquées, nos compatriotes sont-ils en droit d’attendre en 2007 un vrai choix ? OUI, trois fois oui.
Avons-nous des solutions concrètes, globales et cohérentes à leur proposer ? OUI, nous le leur démontrerons.
Alors, mes compagnons, n’hésitons pas un instant.
Je compte sur vous pour aller à la rencontre des Français.
Au cours des 20 prochains mois nous allons leur dire :
Le temps est venu de ne plus subir
Debout la République, Debout la France
Une autre voie est possible
Dessinons ensemble les contours de la France dans 20 ans. La France comme nous l’aimons.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député UMP de l’Essonne
Président de Debout la République